Biodiversité

Qu’est-ce que la biodiversité ?

La Convention sur la Diversité Biologique (CDB, 1992) définit de façon formelle la biodiversité (art. 2) comme étant la  « variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces, et entre les espèces et ainsi que celle des écosystèmes »

En 2004, les 1500 experts du Millenium Ecosystem Assessment définissent le concept de services écosystémiques comme les bénéfices tirés par l’homme des fonctions de la biodiversité. Ces services considérés comme des biens communs par la théorie économique mainstream, se classent généralement en 4 grandes catégories :

  • Les services d’approvisionnement : Produit alimentaires, matériaux, fibres, biomasse, etc.
  • Les services de régulation : comme la pollinisation, le couvert végétal, les zone tampons contre l’érosion ou les inondations etc.
  • Les services culturels, liés aux activités récréatives que peuvent procurer les milieux naturel, les sports, les arts, l’attachement mystique…
  • Les services de soutient : ceux qui assurent la vie sur terre, cycle du carbone, cycle de l’eau, cycle alimentaire, photosynthèse etc.

 

services_ecosys

 

Économie et Biodiversité

Les efforts de recherche du Millenium Ecosystem Assessment sur l’état d’érosion des écosystèmes dans le monde, n’ont pas permis à la sphère économique de prendre conscience des forts liens d’interdépendance existants entre la biodiversité et la création de richesses.

Toutes les entreprises, toutes les activités économiques dépendent fortement des services rendus par les écosystèmes. On peut citer comme exemple l’industrie agroalimentaire qui dépend fortement de disponibilité en eau douce ou l’industrie chimique qui existe grâce aux matières premières végétales, animales et leurs innombrables ressources génétiques.

Si la biodiversité mets gratuitement ses potentiels au service de nos systèmes de production, les logiques économiques actuelles ont mis en péril l’équilibre des écosystèmes.

En réalité, les études scientifiques mettent en relief depuis une cinquantaine d’années les liens de corrélation entre dégradation des milieux naturels et augmentation du PIB. Les ONG, puis les États et les institutions internationales, ont admis le fait que la croissance économique connu dans certaines régions du monde est allée de paire avec une surexploitation des ressources. A cela s’ajoute la production de déchets pouvant dégrader la santé et l’environnement des populations.

Outre la question de la préservation des milieux naturels, les projections pessimistes sur le changement climatique, incitent les acteurs politiques à mettre en place une régulation hésitante.

Si le cadre règlementaire tend à se durcir pour les entreprises de l’U.E; la conservation et la gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles sera une préoccupation grandissante dans la gouvernance d’entreprises.

En fait, à partir du moment où la corrélation entre création de richesse et état de l’environnement à été faite, l’entreprise a été placée au centre des questions environnementales.

 

Le Capital Naturel dans la création de valeur

Il est un fait établit que les dégradations des ressources naturelles, c’est-à-dire du capital naturel, fragilise l’économie. La hausse du PIB engendrée par les activités de dépollution n’est pas à la hauteur des défis à venir.

Nos modèles de croissance économique couplés à la croissance démographique créent une pression sur l’accès à des ressources de base telle que l’eau et le foncier. Des effets d’entrainement s’en ressentent sur les prix des matières premières, donc sur les prix des produits et des services et finalement sur l’emploi, le pouvoir d’achat et l’économie toute entière.

Les entreprises ont compris la nécessité de réinvestir dans leur capital productif et dans leur capital humain, pourtant la dégradation du capital naturel sur lequel se base toute activité est encore examinée comme une externalité négative de la performance économique.

Cependant, l’entreprise aurait tout autant intérêt à réinvestir dans le capital naturel pour assurer la gratuité des services écosystémiques. Selon leur degré de dépendance aux services rendus par les écosystèmes, les entreprises peuvent être plus ou moins fortement affectées dans l’hypothèse d’une plus forte pression écologique dans un avenir relativement proche:

RISQUES

OPPORTUNITÉS

Une législation qui devient de plus en plus contraignante :

Des tensions géopolitiques liées à la raréfaction des ressources

Des agences de notations de plus en plus exigeantes sur le respect de la biodiversité

Des investisseurs et des consommateurs sceptiques vis à vis de certains produits

Explorer de nouveaux marchés

Valoriser l’innovation par technologies propre

Réduire certains par des solutions écologiques sont moins coûteuses à long terme que par des solutions industrielles.

Conserver et gagner des parts de marché en développant des produits labellisés